Calendrier de l’Avent

– Jour 9 – La relation d’aide –

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Le concept de prise en charge.

Dans le vocabulaire du soin ou de l’aide sociale, on entend souvent parler de « prise en charge » du patient, de l’enfant, de la famille qui nécessitent de l’aide. Cela peut recouvrir une aide matérielle, financière, ou un accompagnement thérapeutique ou éducatif .

Si l’on regarde du côté de la définition des termes, on trouve que « charge » équivaut en premier lieu à :

  • fardeau, poids, porté ou transporté par un animal, quelqu’un, un véhicule.
  • ce qui pèse sur quelqu’un, un groupe, qui entraîne des responsabilités (morales, financières, etc.)

Et que « prendre en charge » (quelqu’un, quelque chose) renvoie à « en prendre la responsabilité, s’en occuper ».

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, ces définitions donnent une impression de pesanteur et semblent renvoyer à une certaine lourdeur administrative …

La notion de prise en charge peut facilement évoquer une relation de dépendance entre une personne / une famille / un groupe social démunis, défavorisés, fragilisés et un professionnel de soin, d’éducation ou de l’aide sociale/ un organisme / une institution…

Le concept de symbiose

L’Analyse Transactionnelle, un courant de la psychologie humaniste fondé par le psychiatre américain Eric Berne à partir des années 50, propose une conception originale de la personnalité et de la communication. Cette théorie s’intéresse aux relations et échanges (appelés « transactions ») entre les individus. Elle a donné une analyse intéressante des relations de dépendance entre les individus.

Sans entrer dans le détail, disons qu’il existe des schémas relationnels qui peuvent amener deux individus à entrer dans une dépendance psychologique que l’A.T. appelle « la symbiose ».

La première relation symbiotique connue est celle qui existe, de fait, entre une mère et son enfant. Le nourrisson, quand il vient au monde, n’a ni la capacité physique, ni le développement cérébral suffisant pour subvenir à ses besoins de survie. La mère est programmée pour répondre aux besoins de son enfant qui est totalement dépendant d’elle. Elle a la capacité d’agir, tandis que le nourrisson, lui, n’en a pas les moyens et doit attendre plus ou moins passivement que sa mère vienne satisfaire ses besoins.

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Photo de J carter sur Pexels.com

Une prise de conscience nécessaire

Certaines relations de dépendance sont nécessaires et peuvent être passagères. Par exemple, en médiation équine, l’accompagnant peut avoir à donner le bras à  une personne atteinte de cécité ou de déficience visuelle pour la conduire jusqu’au cheval (jusqu’à ce que la personne puisse le rejoindre elle-même, guidée par la voix ?).

Cependant, il est des relations de « symbiose » qui perdurent et sont néfastes pour les personnes en présence dans le cadre de la relation d’aide. C’est le cas de l’accompagnant qui va chercher le cheval lui-même pour « aller plus vite », privant peut-être la personne d’une rencontre personnelle avec l’équidé dans son paddock. C’est le cas de l’enfant à qui on évite la « corvée » de ranger le matériel après l’activité parce qu’il s’oppose et fait la moue. C’est le cas de l’accompagnant qui « parle à la place de la personne », au lieu de prendre le temps de vérifier quel est son ressenti dans l’instant…

Un présupposé : chacun possède toutes les ressources nécessaires à son développement

Nous sommes humains, tous susceptibles de nous laisser prendre par ces réflexes de « faire à la place de l’autre ». Cependant, n’oublions pas que ce qui aide un enfant à grandir, et, plus largement, ce qui nous grandit, nous humains, c’est de découvrir nos capacités propres et de les mettre en action.

L’équidé, en médiation équine, n’aura pas ce comportement de « faire à la place ». L’équidé est dans la présence et l’attention. Il s’adapte à ce qui se passe, mais il laissera à l’individu l’initiative et la conduite de la situation. Il le renverra à sa propre responsabilité. Il incitera la personne à comprendre ce qui se joue dans la relation. Elle devra chercher elle-même des solutions pour agir. En cela, il est un facilitateur de développement (mental et psychologique). En cela, il ne « prend pas en charge » mais il amène la personne à « se prendre en charge », à assumer sa propre vision du monde et sa propre responsabilité.

Charge à nous, praticiens de médiation équine, de permettre que cette relation se fasse. Essayons de ne pas intervenir dans ce qui se joue entre l’équidé et la personne. Tâchons de prendre à notre charge (sous notre responsabilité) la sécurité et le bien-être des équidés et des personnes qui viennent à nous, mais laissons-leur la possibilité d’agir, avec leurs capacités propres.

 

 

Une réflexion sur “Calendrier de l’Avent

  1. Enfin une belle définition de ce qu’est l’équicie, un métier de patience et de compréhension qui permet de vrais relations entre cheval et cavalier.
    Relations souvent laissées de côté par nous, moniteurs, qui devons la plupart du temps faire passer la technique équestre et le progrès en tant que cavalier avant de faire comprendre ce qu’est le Cheval avec un grand « C ».
    Merci Cécile pour ces belles lignes.

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