Calendrier de l’Avent

 – Jour 11 – Peut-on dire d’un cheval qu’il est méchant ?

action animal bronco bucking
Photo de Pixabay sur Pexels.com

Ce soir, un article inspiré d’une publication de Laure Souquet, ostéopathe et thérapeute holistique pour chevaux et chiens.

Le titre de son article pose une question très importante dans le cadre de la relation entre chevaux et humain :

« Un cheval peut-il être méchant ou dominant avec vous ? »

Sans reprendre ce qu’elle écrit très bien dans cette publication, et que je vous encourage à lire (ici), je voudrais juste attirer votre attention sur un danger qui guette notre relation avec les chevaux (et les animaux en général) : l’anthropomorphisme.

L’anthropomorphisme, qu’est-ce que c’est ?

A l’origine, cela signifiait une tendance des humains à « attribuer à Dieu / un dieu les sentiments, les passions, les idées et les actes de l’homme ».(Larousse)  

A part dans les dessins animés pour enfants, vous conviendrez que les animaux ne parlent pas notre langage. De ce fait, pour les comprendre et interagir avec eux, nous devons nous en tenir à nos perceptions (nos 5 sens) et ce que nous connaissons du monde. Du monde vu à travers des yeux et des pensées d’humains. Par conséquent, nous avons vite fait d’interpréter leurs comportements avec une grille de lecture purement humaine.

Le cheval détourne la tête quand j’arrive, je vais dire : « Regardez comme il boude ». Il pose brutalement son pied sur le mien alors que j’étais en train de le lui curer, et je vais me fâcher pensant qu’il l’a fait exprès, ou tout au moins qu’il aurait pu faire attention à moi. Je vois un poney qui fonce oreilles baissées sur un congénère pour aller boire avant lui, et je me dis qu’il est méchant. Je vais porter du foin ou des carottes aux chevaux dans leur parc et l’un d’eux s’approche trop fort de moi, me bouscule, les oreilles en arrière ; je me dis qu’il cherche à me dominer et j’ai peur … 

Le cheval est un herbivore et un quadrupède

Ces deux mots suffisent à démontrer que nous sommes différents, même s’il appartient à la classe des mammifères, comme l’homme.

Herbivore : son régime alimentaire n’est pas le même que le nôtre. De même que nous ne serions pas heureux à manger du foin, ronger des écorces ou croquer des racines, de même le cheval n’est pas fait pour manger du pain, boire du lait ou sucer des bonbons !

Quadrupède : il ne vit pas dans la verticalité comme nous, mais davantage sur un plan horizontal. Pour tourner, il ne peut pas pivoter sur lui-même, il a besoin d’une certaine marge de manœuvre (Il faut penser à lui laisser de la place dans les passages étroits ou les changements de direction). Avec ses quatre membres et son encolure (cou) à l’horizontale, sa façon de gérer son équilibre est différente de la nôtre.

Sans compter l’utilisation de sa sensorialité, puisque des mesures scientifiques ont montré que les équidés avaient une ouïe, un odorat et une sensibilité tactile plus développés que les humains, ainsi qu’une vision différente. Par exemple, un cheval peut entendre des bruits à plus de mille mètres et perçoit les ultrasons. Il peut percevoir des odeurs même quand la source de l’odeur (animal, humain) a disparu (il perçoit les phéromones). Il a la capacité à voir la nuit, entre autres particularités.

Intelligent, oui, mais différemment.

Ce qui permet à l’humain de dire que son voisin est méchant, c’est une aptitude de son cerveau à penser, juger, comparer. L’humain possède un sens moral et attribue au monde qui l’entoure, ainsi qu’aux phénomènes, des notions de bien et de mal. Il a la capacité de se raconter des histoires (qu’elles soient en lien avec la réalité ou pas) grâce à son imagination, et il peut même mentir, c’est-à-dire nier ou travestir la réalité (et être cru !)

Le cheval, lui, n’en est pas capable. Son cortex préfrontal est beaucoup moins développé que celui de l’homme. Il n’a pas les mêmes capacités cognitives.

Le cheval est capable de faire des associations (le bruit du tracteur, c’est la ration de foin qui arrive, par exemple) et il a une bonne mémoire des lieux, des événements et des ressentis, en lien avec son expérience. C’est ainsi qu’un cheval qui, en promenade, a galopé plusieurs fois exactement au même endroit, pourra accélérer à l’approche de cet endroit. A-t-il réellement « envie » de galoper ? Est-ce que ça lui fait « plaisir » ? Ces mots-là sont des termes humains. Ce sont des interprétations … mais pas forcément ce qui se passe précisément du côté du cheval.

Le comportement comme grille de lecture

Alors comment savoir ce que signifient les grimaces de mon cheval ? La première des choses est d’apprendre à observer : Que fait-il ? Comment ? (Et pas « pourquoi, ») Est-il en train de réagir à quelque chose de l’environnement ? Ai-je eu, moi, un geste brusque ? Ai-je suscité une réaction, même sans le vouloir ? Et puis, quand on veut savoir, il est indispensable d’apprendre à connaître vraiment, en toute humilité, cet animal que l’on croit souvent connaître et qui, pourtant, nous réserve des surprises. 

Pour répondre à la question

On peut se renseigner auprès d’un professionnel, on peut trouver des réponses au travers de lectures, d’émissions, ou de vidéos. Le monde scientifique a étudié, analysé, classé les différents comportements des chevaux à l’état naturel. C’est ce qu’on appelle l’éthologie scientifique. Les comportements du cheval sont répertoriés dans son éthogramme Celui-ci peut nous apporter des réponses fiables, observables, mesurables, qui sont des garanties pour éviter nos interprétations anthropomorphiques.

La fin de Walt Disney et des poneys magiques ?

Qui n’a pas rêvé devant les chevaux de légende comme l’Etalon Noir, Black Beauty ou Spirit ? Bien sûr qu’il est important pour l’humain de rêver et de se projeter dans des mondes imaginaires ! Mais un cheval de cinéma est un animal à qui on attribue des sentiments, des passions, des idées et des actes de l’homme, autrement dit, il représente une vision anthropomorphique de l’animal. Alors, essayons d’être vigilants, afin de ne pas nous laisser emporter par notre imagination (je sais, c’est si naturel, chez nous, humains !) et rendons au vrai cheval ce qui lui appartient. C’est de cette façon que notre relation sera la plus forte et la plus vraie. C’est ainsi que nous pourrons mieux communiquer, mieux nous comprendre… et réagir à ses comportements de façon appropriée.

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