La Médiation Equine (M.E.) bientôt règlementée ?

Connaissez-vous les origines de la M.E. en France ?

Il faut remonter aux années 1970, en France, pour comprendre comment est née la médiation équine.

Issue de démarches de professionnels du soin (dont les plus connus, Hubert Lallery, kinésithérapeute et Renée de Lubersac, psychomotricienne et psychothérapeute), il s’agit d’abord d’expérimentations de terrain et d’une réflexion sur l’action de la locomotion du cheval au bénéfice de la rééducation fonctionnelle de personnes atteintes de handicaps passagers ou permanents. Mais également des bénéfices d’un point de vue psychique. On parle à cette époque de thérapie avec le cheval (T.A.C.). Une branche plus spécialisée dans le soin psychique donnera naissance au terme d’équithérapie.

Dans le même temps, des professionnels du médico-social (en particulier Isabelle Claude et Etienne Albert, éducateurs spécialisés) proposent des activités d’accompagnement avec le cheval aux publics en situation de handicap moteur, psychique et social. Le cheval étant considéré dans sa nature d’animal et pour ses compétences relationnelles, indépendamment de l’équitation (la « monte »). De ces pratiques et de la réflexion menée autour des bénéfices pour les usagers est née l’idée de former un professionnel de l’accompagnement avec le cheval : l’équicien (de equus, cheval, et la terminaison -cien, comme dans technicien, musicien, informaticien…)

Aujourd’hui, peut-on encore s’y retrouver ?

Face aux résultats sur le terrain, grâce à des pratiques avec le cheval initiées par des professionnels du secteur médical et médico-social, généralement eux-mêmes cavaliers ou passionnés des chevaux, la « Médiation Equine » se répand en France, mais aussi en Europe. Elle est pratiquée et enseignée également dans de nombreux pays à l’étranger : Canada, Etats-Unis, Israël, Maroc, et j’en passe.

Actuellement en France, il existe de nombreuses voies d’accès à ce qu’on nomme de façon générique « la Médiation Equine » : l’école européenne d’équiciens (reconnue par l’Education Nationale) ; des formations universitaires ; des écoles d’équithérapie (SFE, FENTAC, IFEQ) ; des formations privées de médiation animale avec option équine ; et, depuis septembre 2020, une formation Médiation Avec les Equidés (M.A.E.) lancée par la Fédération Française d’Equitation.

Pour l’instant, les diplômes et qualifications n’ont pas trouvé de consensus quant à la définition et au format de la M.E., et il est difficile de se repérer dans ce foisonnement d’approches. Le critère de choix pour les usagers se situe souvent au niveau de la proximité géographique des praticiens et de leur réputation.

Un syndicat dédié

En 2019, une volonté d’harmoniser ce champ d’activité avait conduit un groupement de praticiens à créer le Syndicat Interprofessionnel des Praticiens de Médiation Equine (SIPME)

Représenté dans de nombreuses instances au niveau national et international, le SIPME œuvre à promouvoir et développer la filière, à veiller à l’amélioration constante des pratiques et des formations, et à lutter contre des pratiques ne répondant pas à des standards de qualité ou d’éthique. Ses membres s’engagent à respecter une charte des bonnes pratiques.

Une réglementation à l’horizon 2022 ?

Face au flou et au manque d’encadrement de certaines activités sur le terrain, la filière cheval s’est saisie du dossier « Médiation Equine » par la voie de l’IFCE (Institut Français du Cheval et de l’Equitation). Une mission officielle a été lancée cette année, après avoir fait l’objet d’un appel d’offre public, qui se décline en trois étapes :

  • Faire un état des lieux de la ME en France et en Europe
  • Elaborer une réglementation de la ME en France
  • Faire les démarches auprès des pouvoirs publics pour ratifier cette réglementation.

Cette réglementation soulève de nombreuses questions. Est-ce que tous les courants de la ME y trouveront leur place ? Certains vont-ils être jugés « non réglementaires » ? Si oui, en fonction de quels critères ? Certaines formations vont-elles être mises « hors jeu » ? D’autres vont-elles devenir obligatoires ? Pour les praticiens déjà formés et en exercice, quelles conséquences ? Enfin, cette réglementation parviendra-t-elle à valoriser l’expertise et la compétence face aux enjeux financiers et de pouvoir ?

Qu’en pensez-vous ? Quel est votre sentiment sur cette question ? Etes-vous concernés, de près ou de loin, par ces enjeux ?

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